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(...) Président de l'association Ibuka (« Souviens-toi »), M. Frédéric Mutagwera raconte « la nécessité absolue du souvenir ». Ibuka a pour but d'aider les victimes, d'éviter qu'une telle tragédie se reproduise et de lutter contre ceux qui, dans la diaspora, nient le génocide. Cet avocat d'une quarantaine d'années souligne la « tentation psychologique » qui peut saisir même les esprits les mieux intentionnés d'effacer un événement d'autant plus insupportable qu'il a été planifié et organisé. Il relève aussi la « tentation politique » d'une réconciliation apparente par le silence. La population rwandaise compte de nombreux rapatriés venus d'Ouganda avec le Front patriotique (FPR) en 1994, ou rentrés d'un peu partout peu après. Les associations de rescapés exercent une pression constante pour rappeler le drame, y compris à une communauté internationale à laquelle elles reprochent de les avoir abandonnées. L'image de la Mission des Nations unies pour le Rwanda (Minuar) abandonnant les bâtiments de l'école technique de Kigali et livrant ainsi 2 000 personnes placées sous sa protection demeure dans les mémoires (3).

Le Comité des sites du génocide est chargé d'entretenir les lieux les plus représentatifs. Ainsi, l'église de Nyamata, à une heure de route de Kigali, est restée en l'état : murs criblés de balles, taches de sang sur le sol, vitres brisées. La messe a aujourd'hui lieu en plein air et les chants et les danses résonnent à côté du sanctuaire tous les dimanches après-midi. Deux ossuaires ont été creusés dans la cour de l'église. La place à accorder aux ossements préoccupe les Rwandais, qui oscillent entre la nécessité du souvenir et celle de respecter les morts en leur donnant une sépulture. En effet, l'enterrement est la condition nécessaire du deuil (4). « Combien de temps cela va-t-il durer ? », interroge un visiteur congolais. « L'éternité », répond M. Louis Kanimugire, responsable des sites, à l'homme stupéfait (...).

Extrait tiré du Monde Diplomatique Juillet 2000, "UNE SOCIÉTÉ ENTRE MÉMOIRE ET JUSTICE, Au Rwanda, vivre avec le génocide"