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La tentative de démocratisation

En 1987, l'arrivée au pouvoir de Pierre Buyoya, remplaçant par un coup d'état sans effusion de sang l'ancien Président Jean-Baptiste Bagaza, marque une décrispation et une amélioration de la situation en ce qui concerne les droits de l'Homme. Les efforts du nouveau venu sont cependant rapidement réduits à néant par les événements qui se déroulent au Rwanda. Les Hutus rwandais soutiennent en effet le mouvement extrémiste burundais (interdit et clandestin) Palipehutu, et les réfugiés Tutsis du Rwanda génèrent une véritable haine contre les Hutus et contre Buyoya, qu'ils jugent trop tolérant à l'égard des Hutus. Ces tensions accumulées vont conduire à de nouveaux massacres, en août 1988, près de la frontière rwandaise, au nord du pays. Cette fois, la communauté internationale s'émeut. En septembre, pressé par l'indignation générale et la menace de sanctions, le gouvernement adopte une attitude tout à fait nouvelle. Dès octobre, le Président Buyoya entreprend un important effort de réconciliation ethnique, qui ne déborde cependant pas le cadre du Parti unique UPRONA. Celui-ci continue de présenter une image mono-ethnique du pays. Mais à partir des années 90, le vent du changement touche à son tour l'Afrique. La réconciliation doit alors se transformer en véritable démocratisation.

Or, démocratiser le Burundi revient à tenter de résoudre la quadrature du cercle, puisque la minorité Tutsi (14% des habitants) contrôle quelque 95% de la société burundaise. Le danger est considérable que l'instauration de la démocratie ne soit perçue que comme une possibilité de revanche de la majorité sur la minorité. Pour tenter de parer à cette menace, Pierre Buyoya se livre dès lors à toute une «ingénierie constitutionnelle»4, en insistant d'une manière emphatique sur l'importance de l'unité nationale dans la nouvelle constitution de 1992, et en faisant adopter une Charte de l'Unité nationale de valeur supra-constitutionnelle (ce qui est d'ailleurs juridiquement contestable).

La valse des présidents

C'est dans ce contexte difficile que les premières élections multi-partites se déroulent dans le pays, le 1er juin 1993. Malheureusement, la campagne électorale est marquée par une large «ethnification» du débat, l'UPRONA pro-Tutsi s'opposant au FRODEBU pro-Hutu. Dans un ultime effort pour tenter de dépasser le clivage, le Président Buyoya décide que l'élection présidentielle aura lieu avant les législatives, en escomptant que sa popularité personnelle lui permettra de se faire élire facilement en dépit du fait qu'il est Tutsi. Mais, déjouant tous les pronostics, les résultats de cette élection présidentielle sont marqués par un vote ethnique prononcé et par la très nette victoire du candidat Hutu du FRODEBU, Melchior Ndadaye qui l'emporte avec 2/3 des voix contre 1/3 à Buyoya. Ce dernier respecte cependant le résultat des urnes et cède la présidence à son rival. Les élections parlementaires ne font qu'amplifier le phénomène, au point que le résultat reflète presque parfaitement la répartition ethnique. Devant un tel raz-de-marée, le nouveau Président Ndadaye est soumis à une pression extrêmement forte: les Hutus attendent un changement radical, les Tutsis le craignent.

Extrait de www.unifr.ch/spc/UF/95juin/schmitt.html

"Burundi : la démocratie impossible"