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Rwanda Rugali
Kigali à Bruxelles: pas de leçons, a.u.b.!

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« Louis Michel n'a pas de leçons
à nous donner »
 
Tension entre Bruxelles et Kigali
 
Le torchon brûle entre Kigali et Bruxelles où le porte-parole de Kagame attaque Louis Michel.
 
COLETTE BRAECKMAN
Le Soir en ligne du 12 septembre 2002
 
Le Rwanda  n'a rien à apprendre du ministre belge des Affaires étrangères Louis Michel et de la Belgique en matière de démocratie, en particulier quand on voit où la démocratie à la belge a mené le peuple rwandais. C'est ce qu'a déclaré à l'Agence France Presse M. Bideri, le porte-parole du gouvernement rwandais, qui réagissait après deux semaines aux propos de M. Michel rapportés par Le Soir. Le ministre avait alors déclaré :  la situation exceptionnelle de ce pays, suite au génocide de 1994,ne peut se traduire éternellement par un manque de démocratie.
Le porte-parole du gouvernement de Kigali, reflétant probablement des propos tenus par le président Kagame lui-même, a réagi en disant  la démocratie est en marche au Rwanda, heureusement sans la contribution de la Belgique, ajoutant : Louis Michel sait très bien que la Belgique n'a plus aucun droit pour superviser le Rwanda, il n'a pas à parler pour le Rwanda, cette époque est révolue depuis longtemps. M. Bideri a conclu ses propos en déclarant que si M. Michel cherche des colonies, le Rwanda devrait être le dernier de ses centres d'intérêt.
Rappelons que le Rwanda est actuellement régi par une «Loi fondamentale» basée sur la Constitution de 1991 et les accords de paix conclus en 1993 à Arusha, et une commission constitutionnelle travaille actuellement à une nouvelle Constitution qui devrait être rédigée en 2003. L'adoption de cette nouvelle Constitution devrait permettre au Rwanda de sortir de la période de transition entamée en 1994, et une élection présidentielle est prévue au plus tard pour juillet 2003.
Depuis New York, M. Michel a refusé de réagir aux propos de M. Bideri. Si son agenda américain le lui permet, il rencontrera une série de leaders africains en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, où le président Kagame sera également présent.
Les déclarations rwandaises, d'une violence peu diplomatique, doivent être situées dans un cadre plus large que le strict calendrier constitutionnel. La brouille entre le président Kagame et Louis Michel remonte à janvier dernier, lorsque le ministre, repassant par Kigali après une brève visite à Bukavu, avait demandé des explications à propos du comportement de l'armée rwandaise au Kivu, où elle est accusée de viols et d'exactions. L'implication du ministre belge dans le dossier congolais lui a également été reprochée et en particulier le fait d'avoir appuyé fortement l'accord partiel de Sun City, conclu entre le président Kabila et Jean-Pierre Bemba, accord qui avait entraîné l'isolement du RCD-Goma après que les rebelles téléguidés par le Rwanda eurent refusé tout compromis. La conclusion de cet accord partiel avait aussi entraîné le mécontentement des médiateurs Sud Africains.
Depuis lors, la donne a changé : Kinshasa a dénoncé l'accord signé avec Bemba, le président Kabila a annoncé l'ouverture, au Kenya cette fois, d'un dialogue « inclusif » et surtout il a conclu des accords de paix séparés, avec le Rwanda à Pretoria et avec l'Ouganda à Luanda tandis que le Zimbabwe a retiré ses troupes présentes au Congo. Quant au Rwanda, il mène actuellement des opérations militaires au Sud Kivu et Kigali a décidé de renvoyer au Nord Kivu, contre l'avis du HCR, des milliers de Tutsis d'origine congolaise tandis que le retrait de ses troupes n'a pas encore commencé. Risquant d'être mis en cause aux Etats Unis, le président Kagame a peut-être choisi d'attaquer... Louis Michel.

© Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2002